Louis Emié

Louis Emié (1900-1967)

Hommeauchat

Il est né, a vécu et est mort à Bordeaux.
Il avait son métier de journaliste - son " gagne-pain " - et son métier d'écrivain - son "gagne-ciel"...
Journaliste, il le fut à " Sud-Ouest ", pendant quarante ans.
Ainsi que poéte, romancier et même compositeur de mélodies.

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Petite biographie indispensable

Né le 17 avril 1900 à Bordeaux, rue de Bègles, Louis Emié fut très marqués par ses origines espagnoles qu’il tenait de sa mère. La famille rendait encore chaque été  Saint Sébastien chez l’oncle Manuel. Ainsi devait lui être révélée sa passion pour l’Espagne. Une passion qui ne cessera de s’épanouir au fil des années. Louis Emié était un homme du Sud.

Son enfance se déroula d’abord rue Eugène-Ténot, au numéro 40, où ses parents louèrent une échoppe avec un immense jardin de fleurs et de poiriers. Il s’inspira de ce cadre dans « Passage de la folie ». Sa mère insista pour qu’il appris très tôt le piano et on fit venir successivement deux maîtres de musique aveugles. L’enfant pris tellement goût à la musique qu’il rêva de devenir compositeur ou chef d’orchestre. L’un de ces deux professeurs l’initia à Debussy. Il aura à cœur, plus tard, de faire connaître aux Bordelais l’auteur de « Pelléas et Mélisande », ainsi que Satie et Stravinski.

En 1909, la famille se fixe au 5 de la rue Mestrézat. Louis, après une courte « expulsion », de 1937 à 1939 (il ne s’entendait plus avec son père), y habitat jusqu’à sa mort. Sa mère n’aimait guère cette demeure, car elle la croyait chargée de maléfices. La sœur et le frère de Louis y moururent. L’affection maternelle se reporta alors toute entière sur lui. Ce furent des liens si forts qu’il vécut toujours dans le souvenir de celle pour qui il composa les « plaintes ».

 

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Louis Emié travailla plus de quarante ans au journal « Sud-Ouest ». Son père l’avait destiné à une carrière de fonctionnaire municipal. Par chance, son oncle lui permis d’échapper à ses fonctions d’employé à la division des finances municipales en le faisant entrer au journal « La Petite Gironde » en 1925. Le métier lui plut et il ne regretta jamais les listes de chiffres de l’hôtel de Ville. Il devint secrétaire général adjoint à la rédaction. Dès lors il dut s’efforcer de dissocier son activité de journaliste de son activité d’écrivain.

Max Jacob, avec lequel il venait de se lier, le mit en garde contre la confusion des genres. Sans trop de souffrance, il sut faire la part entre son « gagne-pain » et son « gagne-ciel ». A partir de 1963, le journal lui proposa de tenir la première chronique de télévision. Le nombre de ses lecteurs s’accrut ainsi considérablement et il fut submergé de lettres d’admirateurs, ce qui l’amusait beaucoup.

Malgré le côté secret du personnage, voire sa marginalité, on peut cependant penser qu’il était, d’une certaine manière, plus intégré à la vie bordelaise que ne le fut son ami Raymond Guérin. Sa position de journaliste en faisait un personnage plus ouvert. Il fréquentait volontiers les manifestations artistiques de sa ville : expositions de peinture ou concerts au Grand-Théâtre. Il reçut de Bordeaux des honneurs que d’autres n’eurent pas la chance d’obtenir de leur vivant. On lui attribua notamment en 1958 le grand prix littéraire de la Ville.

Le 5 de la rue Mestrézat accueillait des gens passionnés par leur art, certains partageant la frêle sensibilité du poète. Ainsi recevait-il des écrivains : Jean Cocteau, Louis Guillaume, François Mauriac, Raymond Guérin… mais aussi des peintres et des sculpeurs : Mildred Bendall, Chaval, Joseph Rivière, des compositeurs, des chanteurs lyriques, des critiques d’art. Des amitiés qui comptaient beaucoup pour ce solitaire offrant parfois trop rapidement sa confiance. Un compagnon fidèle était cependant toujours présent à ses côtés : Golo, un énorme caniche noir, tendre chasseur de mouches.

En un certain sens, le repli feutré de la vie de province ne lui déplaisait pas. Il lui paraissait au contraire favorable à la création. Mais si la Province est un terrain propice à l’imagination, elle père cependant sur la renommée. Très vite il comprit qu’il devrait sa survie à la correspondance et aux voyages. La correspondance pour le plaisir de partager ses émotions littéraires et rompre l’isolement. Trois auteurs dans cette correspondance paraissent avoir exercé une influence déterminante sur son cheminement intellectuel. : Max Jacob, Jean Cocteau et Joël Bousquet. A partir des lettres échangées avec Max Jacob, il bâtira « Dialogues avec Max Jacob », ouvrage aux résonances rilkéennes.

Grâce à ce rituel épistolaires, Louis Emié était relié à la capitale, aux milieux éditoriaux et littéraires. Il entre chez Gallimard en 1929 avec son roman « La nuit d’Octobre ». En 1944, il obtient le prix du Panthéon pour son recueil de poèmes « Le nom du feu », en 1946 le prix Moréas pour « L’Etat de grâce », et en 1960 il fut lauréat de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre poétique.

Une participation régulière à des revues littéraires l’aida également à se faire connaître. Dès les années vingt, il collabora aux « cahiers du Sud », signa des chroniques et fit paraître des poèmes à la N.R.F.

Encouragé, il le fut par exemple par Jean Ballard qui l’incita à écrire sur ses voyages en Espagne. Ces très belles pages devaient donner le livre « Espagnes », peut être les plus belles jamais écrites sur ce pays, les plus justes, qui traduisent « tout le suc, toute la substance, toute la chair de l’Espagne mystique, torturée, accidentelle et permanente. ».

Sans doute est-ce par ce livre qu’il faudrait commencer une lecture de l’œuvre de Louis Emié. Il y révèle les clefs de sa poésie, douloureuse, chaude et noire.

 

 

D’après l’article de Françoise Taliano parut dans Sud Ouest le 1er septembre 1985.

 

 

 

 

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Bibliographie

Par Louis Emié :

  • 1922 : L'abdication des pauvres et le couronnement des cadavres - Editions "Lumières".
  • 1928 : Langage et humour chez Marcel Proust - Collection "Les essais".
  • 1929 : La nuit d'octobre, roman - Gallimard.
  • 1931 : Passage de la folie, récit - "Les cahiers du Sud".
  • 1935 : Espagne, essais -  "Les cahiers du Sud".
  • 1936 : Les relations humaines, poèmes - Editions "Sagesse".
  • 1939 : Quatre poèmes - Les éditions de la Hune.
  • 1941 : Amour de notre amour, poèmes -  Collection "Analecta".
  • 1941 : Délice du vivant - Cahiers de l'Ecole de Rochefort.
  • 1942 : J'habite ici, poèmes - Collection "Visages d'aujourd'hui", Editions des iles de Lérins.
  • 1944 : Le nom du feu, poèmes -  Gallimard.
  • 1944 : L'hiver et l'été, poèmes.
  • 1944 : Le dieu sans tête, roman - Robert Laffont.
  • 1945 : Espagnes, essais - Collection "Fontaine", Edmond Charlot.
  • 1946 : Perséphone, poème - Plon.
  • 1947 : Danse des Morts - Plon.
  • 1947 : Ce désert, poèmes.
  • 1948 : Les dormeuses, poèmes.
  • 1948 : Françoiseries, poèmes.
  • 1950 : Invention de la mort, poèmes - Collection "Poésie et critique".
  • 1951 : L'éclair et le temps, poèmes.
  • 1951 : Romancero du Profil perdu, poèmes.
  • 1951 : Les chemins de la mer, poème -  "Soleil".
  • 1953 : Toi, poèmes - "Poésie vivante"
  • 1953 : Hauts désirs sans absence, poèmes - Pierre Seghers.
  • 1953 : La forme humaine, poème - "Simoun".
  • 1954 : Dialogues avec Max Jacob, essai - "Mise au point"
  • 1954 : Alphabet pour apprendre à lire en vacances, poèmes.
  • 1954 : André Gaillard, essai - "Chantier du Temps".
  • 1954 : La figure, poèmes - "Alisio".
  • 1955 : Espagnes, essais - Edition des artistes.
  • 1956 : Plaintes, poèmes.
  • 1957 : La rose des mers, poèmes - "Ressac".
  • 1958 : L'ange, poème - Seghers.
  • 1959 : La dame aux chats, poème.
  • 1960 : Guyenne et Gascogne, essai - Hachette.
  • 1960 : Le volubilis, poèmes - Yves Filhol.
  • 1961 : Invention de l'amour - Yves Filhol.
  • 1962 : La nuit - C.E.L.F. Malines

Sur Louis Emié :

1961 : Louis Emié- Par Henri Amouroux et Albert Loranquin - Collection Poètes d'aujourd'hui, chez Pierre Seghers éditeur

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L'alphabet

Alphabet

 

 

 

 

Aloès
Dans la muette survivance
D'un aloès, mille serpents
Tentent de mordre le silence
Dans ce désert où tu m'entends.

Baigneuse
Baigneuse, le fourmillement

De la mer dans ta chevelure
immobilise le moment
Que sa fuite en nous transfigure...

 

Ciel
Le ciel, pour être à tout le monde
N’a pas besoin de se donner :
Terre, oublierais-tu d’être ronde
S’il te fallait l’emprisonner ?

 

Désert
Le désert de cette journée
A celui du monde est pareil
Mais ton âme à lui condamnée
Tourne autour d’un autre soleil.

 

Ecume
Une vague expire et, d’écume,
Tisse et peuple son blanc linceul
Mais le soleil qui la consume
Meurt deux fois de mourir tout seul.

 

Fantôme
Le même fantôme s’avance
Dans la forme où tu m’apparais
Lorsque, avec ton cœur, ton enfance
Appréhende en lui tes secrets.

 

Grotte
La grotte de ma solitude
A la transparence de l’air
Mais est-ce moi qu’elle dénude
Dans les profondeurs de la mer ?

 

Horizon
De l’autre côté de la ligne
Qui décapite l’horizon
Une sirène me fait signe :
Je n’ai pas choisi ma prison…

 

Ile
Il n’est d’autre île dans ton âme
Qu’obsède un espoir sans espoir
Que celle, flamme entre la flamme,
Que tu découvres sans la voir.

 

Jardin
Amour, invisible jardin !
Pour plaire à ma mélancolie,
Une palme a trahi soudain
Le vol d’une aile ensevelie…

 

Karéol
La nuit tombe sur Karéol
Et Tristan n’a que sa tristesse
Pour écouter le rossignol
Qu’Yseut, morte en songe, caresse…

 

Lierre
Faut-il mourir où tu m’attaches,
O lierre immense de l’amour
Et dans ce cœur que tu m’arraches
M’étoufferas-tu nuit et jour ?

 

Mer
J’ai voulu, sur un coquillage,
Graver tous les noms de la mer :
Il n’en est qu’un sur ce rivage
Qui puisse enclore mon désert…

 

Nuit
La nuit voudrait changer d’étoiles
Comme toi qui changes de ciel
A mesure que tu dévoiles
Dans l’ombre un visage irréel.

 

Oiseau
Un oiseau chantait dans les branches
Et les branches pleines d’oiseaux
Faisaient gémir des ombres blanches
Dans la musique des roseaux.

 

Palmier
Palmier, tu jaillis de toi même
Absent de toute pesanteur
Afin d’étoiler à l’extrême
Le vent que libère ton cœur.

 

Quête
De l’inconnu toujours en quête
Et portant en moi son enfer,
Je meurs sans savoir qu’il me prête
Le plus beau des masque de chair.

 

Rêve
Les deux voyageurs égarés
Dans les méandres de ce rêve
Ne se sont jamais rencontrés
Sans bénir le jour qui se lève.

 

Souvenir
Les choses sont toujours plus belles
Dans le miroir du souvenir
Et cette ombre, quand tu l’appelles,
T’appelle avant de revenir.

 

Tartane
Que n’ai-je fait le tour du monde,
O ma Tartane, ô mes amours ?
Mais la sirène vagabonde
Et, loin de moi, m’attend toujours…

 

Uriel
L’aurore est toujours la première
A recevoir, au bas du ciel,
Les sept baisers de la lumière
Des lèvres de l’ange Uriel

 

Visage
Avons-nous perdu le visage
Qu’un dieu choisit pour cet enfant
Dont nous jouons le personnage
Et que trahit son survivant ?

 

Walkyrie
Le sommeil de la walkyrie
Morcèle un corps qui n’a plus d’âme
Mais il regagne sa patrie
Dans la geôle de cette flamme.

 

X
Algèbre, à tes pas je m’attache
Et donne à mon cœur mis à nu
Le nom le plus beau que je sache,
Dont tu chiffres mon inconnu.

 

Yeux
Puisque l’ombre enfin nous délivre
De ces yeux qu’elle a refermés,
Amour de moi, pourquoi survivre
A tous ceux qui nous ont aimés ?

 

Zénith
Quel est ce rayon qui me blesse
D’un soleil que tu ne vois pas
Lorsque, au zénith de ma tendresse,
Je te cherche encor dans mes bras ?

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Max Jacob, entre le ciel et l'enfer

Maxauxbagues

 

« Mesdames et messieurs, vous ne me connaissez pas, personne ne me connaît. Cependant je suis dans le Larousse… » Ainsi se présente Max Jacob, en 1936, sur la scène du Théâtre des Noctambules, pour dire ses poèmes. Ses amis le surnomment « l’Archange » ou « Saint Max ». Breton juif converti au catholicisme, poète, romancier, peintre, homosexuel, mystique et mystificateur, il a tous les dons, le goût des pirouettes et des révolutions.

Né en 1876 à Quimper, dans une famille de marchands-tailleurs venue de Prusse, il entre après de brillantes études, à l’Ecole coloniale qu’il abandonne. Depuis l’enfance, il ne rêve que de peinture, musique et poésie. Il est le premier, en 1901, à deviner le génie de Picasso qui l’éblouit. La misère les rapproche, ils se voient chaque jour. Max fait partager à Pablo sa passion de la musique. Il fréquente l’Opéra et le caf’conc’, le cirque et les fêtes foraines, les saltimbanques et les boxeurs. Années de misère. Max  est successivement clerc d’avoué, précepteur, employé de commerce à l’entrepôt Voltaire où il tombe amoureux de Cécile. « La seule passion violente de ma vie ».

Le surnaturel, l’astrologie, la chiromancie le séduisent. Chez les gens du monde, il prédit l’avenir. Avec ses amis, nombreux, du Bateau-Lavoir et de la Butte Montmartre, il assiste à la naissance du cubisme. « L’amitié est le clou où est pendu ma vie. » En septembre 1909, sur le mur de la mansarde, il voit le visage du Christ. Première rencontre avec Dieu. Le choc. Il se convertit, se fait baptiser, à 39 ans, sous le nom de Cyprien. Picasso est son parrain. Puis, après avoir présenté Radiguet à Cocteau, il se retire chez les moines de Saint-Benoît-sur-Loire. Son œuvre est faite, personne ne l’a lue. On achète plus ses gouaches et ses dessins. Toute sa vie, Max Jacob reste écartelé entre le ciel et l’enfer. Il revient à Paris, de 1928 à 1938, « la période la plus criminelle de ma vie », avant de renoncer définitivement au monde. La gestapo (« j’ai ta peau », comme il le prononçait) l’arrête le 24 février 1944. Dans le train pour Drancy, il lance un SOS à Cocteau qui tente l’impossible pour le sauver. Il doit être relâché le 6 mars. Mais la veille, Max Jacob meurt dans sa prison, d’une pneumonie, à 67 ans. « La poésie, disait-il, c’est du rêve inventé. »

 

Geneviève Coste

 

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Lettre de Max Jacob à Louis Emié

au sujet de son roman "La nuit d'octobre"

 

 

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Quimper, 8 rue du Parc, le 13/9/1929

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Mon cher Louis,

Tu travailles d'après nature et d'après ta nature. Aucun cliché de pensée et c'est l'essentiel. Tes héros sont tout frais : ta Phèdre brutale et louve qui n'a rien d'une mère sinon à la fin, près de Jeanne, quand elle désespère de retrouver son Hippolyte ; Etienne, qui n'a rien d'un fils. Et cette admirable Mme Pédelucq ! Quel purgatoire dans ce carcan de la Province ! Quelles flammes étouffées sous l'oeil des voisinages vipérins ! Mais qui va apprécier la brutalité bourgeoise ? D'ailleurs Phèdre est infâme et la lettre anonyme et la lettre brûlée empêchent qu'on la plaigne. Ce mélange d'horreur et de souffrances méritées ou non fait de cette femme une créature vivante. Elle vit dans une prison ! Mais je ne connais rien de plus poignant que sa prison quand son fils la tient dans une mansarde de bonne. Ses premières sorties de lièvre traqué sont magnifiques et les relations avec le village (le roman est d'ailleurs admirablement bâti ! Si elle ne fumait pas... etc.) Oui ! admirable dosage ! et la musique ! Mais ce que j'aime le plus, ce sont les sorties en ville et le dépaysement dans la joie des magasins, la scène finale des robes claires de Marie-Thérèse.

Merci de m'avoir cité sur le papier rose. Comme je suis sûr maintenant que tu prends la première ligne de nos romanciers(aussi bien que Green ou Jouhandeau), je suis très flatté d'avoir été le premier à te deviner et qu'on le sache.

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En marges :

Bien entendu, je n'ai pas dit dans ces lignes la moitié de ce que je pense : l'atmosphère d'insensibilité, de silex, cachant des ardeurs bordelaises, de tous ces détails inouïs... et surtout cette audace (la tienne) d'avoir tenu tout un roman sur une tête de femme si peu sympathique et si tragique, tout un roman, pas monotone sur une corde lisse. Tu as des détails qui habillent l'homme : la mèche de Pascal, les bagues et la chaîne de Mme Pédelucq, le renard clair dans le deuil, etc., etc. C'est très bien, c'est très beau. Le mérite de ton livre est de dépasser Bordeaux. Belle-mère et gendre, ce n'est pas rare, c'est humain.

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Moulin

 

 

Dessiné et écrit par Max Jacob au dos d'un menu à l'hostellerie "Le Moulin de Rosmades" lors d'un déjeuner à Pont-Aven, daté du 2 juillet 1931, en compagnie de Jean Moulin, qui était alors jeune sous-préfet de Châteaulin dans le Finistère.

Je suis ce soir, la chose est claire
L'heureux meunier du Finistère
J'ai le moulin de Pont-Aven
Et le Moulin de Châteaulin.

 

A noter que "Max" fut le dernier pseudonyme de Jean Moulin dans la clandestinité.

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Jean Cocteau

 

Cocteau

J'ai vécu très au dessus des moyens de mon époque.

Né à Maisons-Laffitte, le 5 juillet 1889, Jean Cocteau, issu de la grande bourgeoisie parisienne, n'a que 9 ans lorsque son père se suicide. Elève au lycée Condorcet, il ne manifeste que peu d'intérêt pour les études et n'obtient pas son baccalauréat. Dès 17 ans il mène une vie mondaine, fréquente les salons les plus courus de Paris où il se fait connaître comme un poète précoce et génial, se comporte en parfait dandy, côtoie tout ce qui compte dans le milieu littéraire et artistique. Il publie ses premiers poèmes dès 1909 et devint une des figures à la mode du Tout-Paris et des salons que fréquentaient les Daudet, la comtesse de Noailles ou encore  Marcel Proust.

 

Pendant la Première Guerre mondiale il tente à plusieurs reprises de s'engager et parvient à se faire nommer comme ambulancier avant d'être réformé en août 1916. Il se lit d’amitié Apollinaire, puis en 1919 il rencontre un très jeune poète, Raymond Radiguet, pour lequel il va éprouver une immense passion, et dont la mort en 1923 le laissera inconsolable.

 

L’entre-deux-guerres devait pourtant être pour Jean Cocteau, au faîte de sa gloire, une période d’intense créativité, placée sous le signe de l’avant-garde. Il poursuit sa carrière d'écrivain, critique littéraire et peintre, traversée de périodes de dépression et de lutte contre sa dépendance à l'opium. Sa rencontre avec l'acteur Jean Marais lui inspirera une partie de son œuvre poétique, théâtrale et cinématographique.
Il convient d’ajouter encore à la palette variée de ses talents celui de dessinateur et de peintre. On lui doit, entre autres, la décoration des chapelles de Villefranche-sur-Mer et Milly-la-Forêt. L'après-guerre le voit comblé d'honneurs : élu à l'Académie française en 1955, docteur honoris causa d'Oxford en 1956, commandeur de la Légion d'honneur en 1961. Il meurt le 11 octobre 1963, d’une crise cardiaque.

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La nuit n'est plus

Lanuit

 

La nuit n’est plus… Sur les temps de misère,

Couleur de faim, de froid, de désespoir,

Lorsque ma mort poussait dans l’abattoir,

France, le cri de ta chair prisonnière,

 

Voici l’aurore, et la Sainte lumière

Sur tous ceux-là qui marchaient dans le noir,

Et qui devaient, amour, pour la revoir,

Ouvrir dans l’ombre un regard sans paupière.

 

Le jeune monde est aux pieds de ta croix,

France, et ton nom réveille en lui sa voix,

Et décloué, son corps sur lui rayonne,

 

Ce nom, ce corps, identique clarté

Que le ciel même ajoute à ce qu’il donne

Honneur de l’homme et pain de liberté.

 

Ecrit le matin de la Saint Louis, 1944.

 

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Irène Lagut

Pegase

lagutportraitNée à Sucy-en-Brie en 1893, Irène Lagut a travaillé le dessin et la peinture avec Georges Braque et Pablo Picasso. Elle a exposé pour la première fois en 1917 chez Bongard, puis chez Paul Guillaume, à la galerie Rosenberg, la galerie Percier, chez Charpentier, à Bruxelles, Berlin, New York. Sa dernière exposition remonte à 1942.

 

Irène Lagut a illustré notamment « Devoirs de Vacances », de Raymond Radiguet (1921), les « Enfantines » de Valéry Larbaud, « Journal d’un cheval », de Claire Goll, et « Coplas », de Louis Emié (1965). Elle a peint le décor des « Mariés de la Tour Eiffel » de Jean Cocteau.

 

Durant les années 20, Irène Lagut était amicalement liée à Jean Cocteau, Raymond Radiguet, Pablo Picasso, Erik Satie, Paul Morand, Darius Milhaud, Jean Giraudoux et Vlaminck.
Après avoir longtemps séjourné à Monflanquin (Lot-et-Garonne), Irène Lagut se fixa près de Menton où elle mourut en 1994.

 

 

 

 

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Henri Sauguet (1901-1989)

Louis_SauguetNé à Bordeaux, Henri Sauguet est initié à la musique dès l'enfance ; il apprend le piano et chante à la maîtrise de sa paroisse. La Première Guerre mondiale l’empêche de se présenter au conservatoire de Bordeaux. Son père étant mobilisé, il doit gagner sa vie au lieu de poursuivre ses études. Mais sa vocation s’affirme ; il découvre avec ferveur l’œuvre de Debussy et en 1918, employé à la préfecture de Montauban, il étudie la composition sous la direction de Joseph Canteloube.

En 1919, il envoie à Darius Milhaud ses premières compositions et fonde à Bordeaux avec J.M. Lizotte et Louis Emié un « groupe des trois » qui donne un concert d’avant-garde. Darius Milhaud l’invite à Paris en 1921. Henri Sauguet quitte alors définitivement Bordeaux et trouve un gagne-pain à la capitale. En 1922, il est présenté à Erik Satie, puis en 1924 débute au théâtre avec un opéra bouffe : le Plumet du colonel, et un ballet, les Roses. Les ballets russes de Diaghilev créent à Monte-Carlo, en 1927, son second ballet, la Chatte.

Dès 1926, Henri Sauguet projette d’écrire un opéra sur la Chartreuse de Parme de Stendhal. Cette œuvre, achevée en 1936, sera créée à l’Opéra de Paris en 1939. Henri Sauguet a fait ici une œuvre originale dont le langage, qui est celui du XXe siècle, ne fait pas obstacle à une certaine nostalgie du passé. Cette couleur mélancolique que l’on retrouvera dans d’autres œuvres telles que «les Caprices de Marianne (1954), la Dame aux Camélias (1959), est, d’une manière plus générale, un des attraits et une des caractéristiques de la musique.
En 1945, son ballet les Forains, dédié à la mémoire d’Erik Satie, devient très vite populaire. En 1948, un remarquable quatuor à cordes et un recueil de mélodies sur des poèmes de Max Jacob, Visions infernales, démontrent l’universalité du compositeur, qui écrit, l’année suivante, une symphonie allégorique : les Saisons. Entre 1950 et 1964, Henri Sauguet compose de nombreuses œuvres indiquent l’étendue du registre poétique du musicien.

 

 

 

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L'ange

CouvAnge

 

 

 


Au bord du crépuscule, à l'heure
où le jour chante à demi voix,
où ni le jour, où ni la nuit
ne peuvent se départager,
à l'heure où l'on ne sait plus rien
du dieu que l'on fut par hasard,
à l'heure même où l'on hésite
à croire que l'on s'est trahi,
- à l'ombre de mon ombre, un ange,
le plus beau qui se puisse voir,
un ange de toute blancheur,
- ange de neige, ange d'hiver -
est venu soudain murmurer
mon nom, dans l'ombre que j'étais.
C'était l'heure du crépuscule,
où l'on prend peur, où l'on hésite
à croire que l'on fut, un jour,
celui qui voulut nous survivre.
Il fallait cette solitude
du jour qui chante à demi-voix,
cette minute, ce silence
où, d'un côté, le jour s'égare,
où, de l'autre, la nuit attend.
Mais lorsque l'ange eut dit mon nom
il ne fit plus ni nuit ni jour;
tout avait changé de couleur,
tout revenait d'un autre monde
- d'un monde où l'on est sans regard,
où la main n'est plus une main,
où l'ombre ne cherche plus l'ombre
pour devenir ce qu'elle était.

L'ange avait replié ses ailes
pour ressembler à tout le monde;
il les tenait entre ses bras:
elles eussent pu s'envoler.
Il mettait ses pas dans les miens,
et ses pas étaient de silence,
d'un silence de jour de neige
quand c'était un soir de printemps.
Le bel ange blanc, dans mon ombre,
ne laissait briller sous ses pas
qu'un long sillage d'ombres blanches.

Il avait dit mon nom. Ce fut
une étoile qui vint au ciel
et puis une autre, une autre encore
et tant et tant qu'on ne vit plus
le ciel, mais un buisson d'étoiles
dont les plus belles écrivaient
toutes les lettres de mon nom.
Et, maintenant, il faisait nuit,
et je marchais les yeux fermés,
la main dans la main de mon ange.

Tout le silence était de neige,
comme une neige de printemps,
toute la nuit était silence
et le silence était en moi
qui n'était plus que mon silence,
lorsque mon ange de silence,
mon ange de neige et d'hiver
quitta mon ombre pour la sienne
et déploya toutes ses ailes
et me prit dans leur transparence
et m'emporta si loin du ciel
que je crus mourir de moi-même.

Alors, soudain, je vis paraître
tous ceux qui portaient mon visage
et qui ne me ressemblaient plus,
ceux que je n'avais pas été,
ceux qu'en moi j'avais espérés,
ceux qu'ailleurs j'avais attendus,
ceux qui m'avaient en vain cherché
et ne m'avaient pas reconnu,
ceux qui portent toujours le masque
des rendez-vous imprévisibles,
ceux du hasard, du coup de foudre,
ceux que l'on tient contre son cœur
et que le cœur doit ignorer,
ceux dont on peut mourir d'amour
quand l'amour est cette blessure,
cette absence, la solitude
qu'on est seul à pouvoir entendre.
Ils étaient là, tous mes visages
que je n'avais pas su subir.
Ils étaient à ma ressemblance
mais je ne les connaissais pas.

Une voix cherchait dans la mienne
toutes les voix de ces visages
et j'écoutais toutes ces voix
dans les chansons que l'ange blanc
chantait au fond du grand ciel noir.
Et j'écoutais toutes ces voix
dans celles que j'avais fait taire,
sans le savoir, sans les entendre,
un soir de mon adolescence
où j'avais cru tenir en moi
tous ceux pour qui j'étais voué,
tous ceux à qui j'étais promis,
sans le savoir, au cœur des limbes,
au cœur des limbes bienheureuses
où il ne fait ni nuit ni jour
un soir de mon adolescence
à l'heure où le jour et la nuit
ignorent qu'il est un partage
plus difficile qu'un aveu,
où l'on se trompe de mystère
- où mon mystère rassemblait
tant de visages sur le mien,
tant de visages sans regard
qu'il ne m'eût pas été permis
de leur donner chair et regard.

Alors, l'ange réapparut
et me dit: « Ne regrette rien
quand tu n'as rien a regretter !
Qui t'a donné le droit de vivre?
Tu n'as pas eu le droit de vivre
puisqu'on ne l'accorde à personne,
puisqu'on ne l'achète qu'avec
le plomb de la fausse monnaie.
Il faut accepter de subir
tout ce que nous devons subir
pour étouffer notre existence.
Tu n'as pas eu le droit de vivre.
Tu n'as pas eu le temps du choix
puisque pour vivre il faut choisir.
Tu n'as pas choisi ton visage,
ton cœur, ton sang, ton apparence;
tu n'as pas choisi ton fantôme,
ni ton double, ni ton témoin;
tu n'as pas choisi ta souffrance,
tu n'as pas choisi cet enfant
qui décida de ton destin
(il était debout, contre un arbre,
et regardait, entre les branches,
les chemins qui menaient au ciel
quand la nuit les multipliait);
tu n'as pas choisi ton amour,
ni même l'ombre de l'amour
- tu ne t'es même pas choisi
parmi ceux dont tu désirais
l'accomplissement infini.
Mais celui qu'en toi tu respires
celui qu'invisible je vois,
celui qui fait battre mes ailes
dans le vent précis de ton cœur,
celui qui guette ton silence
pour n'être plus que le silence
auquel tu dois être voué,
au cœur des limbes toutes blanches,
au cœur des limbes bienheureuses,
celui que tu n'as pas pu vaincre,
me diras-tu, cœur contre cœur,
ce que tes remords en ont fait ? »

Et l'ange a fait battre ses ailes
et s'est enfui comme l'on meurt
en répétant tout bas mon nom
- mon nom qui se multipliait
dans un royaume de nuages
où mon corps se multipliait
et qu'il n'était plus d'autre étoile
que la mienne au ciel de mon nom.

Et, depuis, lorsque revient l'heure
où le ciel chante à demi-voix,
où ni le jour, ou ni la nuit
ne peuvent se départager,
où je me trompe de mystère,
je sens passer sur mon visage
l'ombre de tant de ressemblances
et de tant de profils perdus
que je ne sais plus qui je suis:
cet étranger qui me regarde
de tous les yeux qu'il m'a donnés
et qui ne peuvent plus s'ouvrir
où l'inconnu que je regarde
d'un regard qui n'est pas à moi
et qui ne me révèle rien
qu'une ombre où mon ombre se perd.

.

8-9 novembre 1957

 

 

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Françoiseries

CouvFran

 

Je voudrais bien faire fortune
Afin d’acheter à foison
Du soleil et des clairs de lune
Pour en tapisser ma maison.

 

Le jour, la nuit, je m’émerveille
Et dès que je ferme les yeux
Lorsque je dors où que je veille,
Je ne quitte jamais les cieux.

 

Pourquoi six jours pour un dimanche ?
Pourquoi point de reine sans roi ?
Pourquoi suis-je ainsi sur la branche
Du « parce que » de mes « pourquoi » ?

 

Quand je pars à sa découverte
De l’autre côté du miroir,
Le petit jour de couleur verte
Fait semblant de ne pas me voir.

 

Je connais une belle histoire
Qui n’a pas de commencement :
Je la relis dans ma mémoire
Sans pouvoir vous dire comment.

 

Une princesse en mousseline
Aimait un prince en organdi…
Fouette, cochet ! C’est en berline
Qu’il vous enlève en plein midi.

 

J’ouvre la porte quand on sonne
Mais je voudrais de temps en temps
Ouvrir mes bras à la personne
Qu’en secret, nuit et jour, j’attends.

 

On ne part jamais en voyage
N’importe quand pour n’importe où.
On est toujours, toujours trop sage
Pour avoir le temps d’être fou.

 

De son gros gâteau de silence,
La nuit n’offre plus que sa part
En me disant ce qu’elle pense
D’un petit garçon trop bavard.

 

A chaque jour suffit son heure !
Tout vient à point si l’on attend…
Mais Monsieur le soleil nous leurre
D’un bel écu d’or dans l’étang…

 

Le temps court après tant de choses
Que je me demande comment
Il parvient à jeter des roses
Sur mon visage, lorsqu’il ment…

 

Je rêve parfois d’un navire
Qui me conduirait par hasard
Dans un port que je peux décrire
Puisqu’il n’existe nulle part.

 

Madame la Géographie
Fait deux parts de la mappemonde
Mais elles n’ont aucune envie
De prouver que la terre est ronde.

 

On dit que je suis dans la lune
Quand je rêve, les yeux ouverts ;
Mais non ! la Terre a pour chacune
De mes âmes un univers.

 

Quand minuit sonne à la pendule,
Je ne sais plus ce que je suis :
Mon ombre est une libellule
Et c’est elle que je poursuis.

 

Le jour a dit à la fenêtre
Que je la voulais toute en or
Lorsqu’à l’heure qui le fait naître
J’ai besoin de tout son trésor…

 

Je garde trois ou quatre larmes
Toujours prêtes au bord des yeux :
Ce sont de bien fragiles armes…
Je me défends comme je peux.

 

J’ai toujours peur, quand je m’éveille,
De ne pas trouver ma maison
A la même place où, la veille,
Elle éclairait mon horizon.

 

IL est une petite fille
A qui je voudrais ressembler :
Elle m’attend sous la charmille
Et dit son nom pour m’appeler…

 

J’aime le vent qui fait des siennes
Dans les rubans de mes cheveux
Et qui m’offre, en guise d’étrennes,
Toutes les chansons que je veux.

 

J’ai de beaux châteaux en Espagne,
Un grand jardin au Paradis :
Si l’on m’aime, qu’on m’accompagne !
On verra tout ce que je dis…

 

J’écoute en moi cette parole
Que je ne comprends pas toujours :
Tant mieux ! car bientôt je m’envole
Sur un bel oiseau de velours…

 

J’invente un langage pour rire
Et des mots qui n’existent pas,
Je parle afin de ne rien dire
Et d’ici je m’entends là-bas…

 

Quatre saisons, c’est peu de choses
Lorsque le bonheur me convie
A toutes les métamorphoses
Que j’attends encor de la vie !

 

Mon ombre joue à cache-cache
Avec moi-même et chaque fois,
Je me trouve dans cette tache
Plus grande que je ne me vois…

 

Tandis qu’au ciel un blanc nuage
Prend toutes les formes qu’il veut,
Je dis tout bas à mon visage
De sourire, même s’il pleut.

 

Le printemps achète un costume
De linon blanc, de tulle vert ;
L’oiseau bleu lui donne une plume
Pour être aussi léger que l’air…

 

Les sept couleurs de la lumière
Passent à travers le rideau
Pour jeter, au fond de mon verre,
Un peu de ciel dans un peu d’eau.

 

Je me demande à quoi tu penses,
Voltigeant du matin au soir,
Papillon toujours en vacance :
Tu n’as ni leçon ni devoir…

 

Louis Emié, Bordeaux, janvier 1948.

 

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Joseph Rivière (Tours 1912 – Paris 1961)

BusteFormé à l’école des Beaux-arts de Bordeaux, il reçut à Paris les conseils de Charles Despiau. Son monument aux morts aux démineurs du ballon d’Alsace (1952) est son œuvre la plus connue. Joseph Rivière est représenté  au musée national d’Art moderne, au musée des Beaux-arts de la Ville de Paris, aux musées de Bordeaux, Albi, Sèvres, Alger. Il est l’auteur de figures décoratives au château de Rambouillet et au Palais de l’Elysée ; d’une médaille d’Odilon Redon, ainsi que de monuments commémoratifs  à La Bresse (Vosges 1949), à Charmes (Vosges 1952), d’une figure au bord de l’eau à la piscine municipale d’Albi (1951), du bas-relief du lycée climatique de Gérardmer (1955).

(Ci-contre, un buste inachevé de Louis Emié.)

riviere_gisantriviere_paysanne

Gisant - Paysanne (1949)

DessinRiviere

portrait de Louis Emié

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Chanson du Boulevard anonyme

Chanson

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Les amis inconnus (en cours d'élaboration)

Ir_ne  Carmen  Anselme

Irène, Carmen et Anselme Fantoba

LettreRecto          LettreVerso

Lettre de Louis Emié à Irène Fantoba

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021206

La grotte

Ecrite pour Joaquim Rodrigo
qui l'a mise en musique en hommage à Claude Debussy.

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Chansons pour Anne-Marie

ChansonAnneMarie

(extrait)

Ces chansons ont été composées en décembre 1949
pour Anne-Marie Sartin
Bordeaux, décembre 1949

Je ne connais pas l'histoire
Que je veux me raconter
Pour que la nuit soit moins noire
Et ne cherche à m'emporter

L'éclaire, la foudre, l'oracle,
C'est un grand bon Dieu tout nu
Qui s'ennuyait d'être sage
Dans son paradis perdu.

D'une tache d'encre noire
J'ai fait trois beaux papillons :
Ils s'envolent sans y croire
Et nous nous émerveillons !

Oh ! la belle feuille morte
Qui fait craquer sous mes pas
Le souvenir qui m'emporte
Vers ce qui n'existe pas !

Le monde que j'improvise
sera toujours le plus beau :
L'oiseau que le chasseur vise
A la forme d'un jet d'eau.

L'ange qui passe et repasse,
La nuit, dans les corridors,
Voudrait bien être à ma place :
Quand il veille, moi je dors.

Je lis mon abécédaire
Sans savoir ce que je lis.
Ah ! que ne sais-je me taire
Pour savoir ce que je dis !...

Madame l'Arithmétique
N'a pas assez de mes doigts
Pour compter (c'est fantastique !)
Les larmes que je lui dois.

Quand le bon Dieu fit le monde,
Il le voulut irréel
Et mit dans sa barbe blonde
Moins de terre que de ciel.

En chantant cette romance,
J'ai retrouvé cette voix
Que l'écho de mon enfance
Multiplie au fond des bois.

Pour pouvoir vivre sur Terre,
L'ange qui veille sur moi
Porte un manteau de mystère
Plus beau que celui d'un roi.

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Mildred Bendall

Mildred_Bendall

Artiste peintre née à Bordeaux en 1891, Mildred Bendall fut une figure importante de l’avant-garde bordelaise. Sous l’aile de son ami Matisse, elle a su développer son propre style et construire un véritable pont artistique entre Paris et Bordeaux, en invitant régulièrement à exposer dans la ville provinciale des artistes parisiens tels que Bonnard, Braque, Utrillo, Matisse et Picasso. En 1937, lors de l’exposition « Jeune France » ses oeuvres partagèrent les cymaises de la galerie de Paris au milieu des peintures de Van Dongen et Dufy. Toute sa vie, Mildred Bendall s’attacha à peindre des oeuvres hautes en couleurs à la construction dense, reflétant ainsi sa vision d’une nature gaie et harmonieuse.

(sources :Wikipedia - http://fr.postimpressionnisme.net/)




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Poème de louis Emié illustré par Mildred Bendall, publié en 1937 dans "Bordeaux par ses poètes et ses peintres" chez les Indépendants Bordelais.

(Merci à Pascal COPEAUX, Professeur d'orgue au Conservatoire de Mérignac, Organiste titulaire de l'Eglise Notre-Dame de Bordeaux.)

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Gérard Souzay - André Jolivet

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